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Ces forêts, qui ont assez bien résisté aux défrichements et à l'urbanisation, forment une harmonieuse ceinture verte autour de Paris. Leur survie tient au relief accidenté et aux sols médiocres où elles croissent, décourageant par - là toute autre forme de mise en valeur, et surtout à la vigilante protection des souverains qui venaient y chasser et s'y détendre. Le bois d'oeuvre et de chauffage était également recherché par la capitale, surtout quand la grande ordonnance de Colbert y introduisit la coupe réglée. N'est-il pas surprenant de constater que, par un effort pluriséculaire, ces massifs forestiers aient triomphé de conditions initialement peu favorables et soient de si belle venue ? Avec une densité forestière proche de la moyenne nationale,
La forêt de Rambouillet L'antique forêt d'Yvelines,
largement entamée, morcelée même par la hache et le feu du
défricheur médiéval, n'en conserve pas moins, en ses trois massifs
principaux (de Saint Léger, de Rambouillet et des Yvelines), de
vastes et belles futaies de chênes, ainsi que d'importantes pinèdes.
Aux portes de la Beauce, plus sèche, la fraîcheur qu'elle tient de
ses nappes argilo marneuses surprend et séduit : fraîcheur des
nombreuses rivières, des « bouillons » et cascatelles, des étangs
bruissants de roseaux et des mares moussues; les fleurs qui aiment
l'humidité (muguet, jacinthe) y abondent. Moins riche que d'autres
en reliefs vigoureux et en points de vue, elle charme par ses
vallonnements doux, par les villages qui colorent ses clairières,
par les châteaux de brique et de pierre ceints de parcs à la
française qui la bordent. Restée très giboyeuse, des chasses à
courre l'animent encore, la saison venue ; elle est dotée d'un parc
animalier. Elle permet de belles promenades à vélo grâce à une
longue piste cyclable. La forêt de Compiègne unit en une heureuse synthèse les charmes de la forêt de Rambouillet (vallées et étangs romantiques, attachants villages de clairière) à ceux de la forêt de Fontainebleau (important palais royal, longues percées pour les chasses et la promenade équestre, reliefs hardis : les « Monts », larges rivières à sa portée). Elle a aussi ses caractères propres : le plus vieil arbre, un chêne de huit siècles, de remarquables hêtraies sur les hauteurs où l'on accède par de délicieuses routes sinueuses, un haut lieu historique, la clairière de l'Armistice, et, à l'orée, des témoins archéologiques très divers, notamment le château restauré de Pierrefonds. La forêt de Fontainebleau Si la forêt de Rambouillet est humide, celle de
Fontainebleau est sèche. Elle est aussi la plus
vaste, la plus pittoresque, la plus sauvage, la
mieux aménagée des forêts de la région parisienne. Son intérêt tient d'abord à la diversité
de ses reliefs insolites : monts calcaires couronnés de futaies, rides de grès étroites, occupées par la lande de bruyère et d'où glissent
les fameux chaos de rochers aux formes
étranges, plaines et gorges sablonneuses bordées de grottes et de cavernes. Ne sont pas
moins étonnants l'acharnement de l'arbre à
s'adapter à un tel milieu, la grande variété des
essences, l'âge et la taille de certains individus, l'élan de maintes futaies. Bien équipée
pour les chasses, comme le prouve le réseau
rayonnant des allées, la forêt l'est aussi pour la promenade ou la
randonnée grâce à l'ensemble inégalé des sentiers balisés Dene-court-Colinet. Aimée des rois amateurs de
chasses qui édifièrent en son cœur un palais
célèbre, aimée des peintres qui ont fait
connaître le modeste village de Barbizon, elle
l'est aussi des chercheurs de champignons,
des admirateurs de la faune sylvestre, des
randonneurs et des varappeurs. Malgré une
rassurante ceinture de villages de bûcherons
et de petites villes postées sur la Seine, le
Loing et l'Essonne, la vieille forêt de Bière,
pourtant proche de Paris, peut encore surprendre le visiteur.
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